2025 : L’économie française en panne sèche

Publié le
Lecture : 3 min
2025 : L'économie française en panne sèche
2025 : L'économie française en panne sèche | Infomatin.fr

Le premier semestre 2025 s’annonce morose, selon l’INSEE. Le produit intérieur brut ne progresse que faiblement : +0,1 % au premier trimestre, suivi d’un maigre +0,2 % au second. La machine économique tourne au ralenti, freinée par une consommation timide, une industrie sous pression et un climat des affaires dégradé.

Un climat des affaires en berne

Les signes de ralentissement s’accumulent. L’indicateur de climat des affaires, tombé à 96 en février, reste sous sa moyenne historique. L’industrie manufacturière continue de décrocher avec un recul de -0,4 % au premier trimestre. La construction, déjà affaiblie par une demande en berne, perd encore du terrain avec une activité en repli de -0,3 %. Seuls les services marchands tentent de résister, affichant une modeste progression de +0,1 %, soutenue par une consommation des ménages qui, malgré tout, augmente de +0,4 %.

Investissements en chute libre

Derrière cette dynamique timide se cache une réalité plus inquiétante : les entreprises investissent de moins en moins. L’investissement des ménages poursuit son recul, notamment dans l’immobilier, avec une baisse de -0,3 %. Du côté des entreprises, la situation est plus contrastée. Si certains secteurs, comme l’automobile, enregistrent une légère hausse des achats (+0,5 %) due à un effet d’anticipation avant l’application du malus écologique en mars, l’investissement en construction reste désespérément dans le rouge (-0,5 %).

Emploi : la descente aux enfers

Les tensions sur le marché du travail deviennent palpables. Après une année 2024 déjà marquée par un ralentissement des embauches, l’économie française a détruit 90 000 postes salariés sur les trois derniers mois de 2024. Et la tendance ne s’inverse pas. L’INSEE prévoit une nouvelle perte de 50 000 emplois au premier semestre 2025. Dans le même temps, la population active continue d’augmenter sous l’effet de la réforme des retraites, ce qui pousse inexorablement le taux de chômage vers le haut. Il atteindrait 7,6 % à mi-2025, contre 7,4 % fin 2024.

Le coup de frein sur l’emploi s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la fin des aides exceptionnelles à l’embauche et à l’apprentissage, qui avaient dopé artificiellement le marché du travail ces dernières années. Ensuite, le ralentissement de l’activité économique, qui oblige les entreprises à revoir leurs prévisions à la baisse. Dans les industries intensives en énergie, comme la chimie et la métallurgie, la morosité est frappante. Les perspectives d’investissement sont atones et les dirigeants se montrent extrêmement prudents.

Le budget gouvernemental : un poids pour les entreprises

L’année 2025 marque une inflexion majeure dans la politique budgétaire du gouvernement. Après plusieurs années de déficits élevés, l’exécutif a choisi la rigueur. La loi de finances 2025 prévoit un ajustement budgétaire de 0,7 point de PIB, avec pour objectif de ramener le déficit public à 5,4 % du PIB, après 6,0 % en 2024. Cette consolidation repose en grande partie sur une hausse des prélèvements obligatoires, qui contribuerait à 0,9 point de PIB à l’ajustement budgétaire.

Les entreprises seront les premières victimes de cette politique de rigueur. La surcote d’impôt sur les sociétés, qui s’applique aux grandes entreprises, devrait coûter 8 milliards d’euros aux acteurs concernés. La réduction du Crédit d’Impôt Recherche amputerait encore 0,4 milliard d’euros. La création d’une taxe sur les rachats d’actions et l’augmentation du forfait social sur les attributions gratuites d’actions représenteront un fardeau supplémentaire de 0,9 milliard d’euros.

Au total, la situation financière des entreprises devrait se dégrader à hauteur de 0,9 point de leur valeur ajoutée. Ce poids supplémentaire sur leurs marges risque de freiner l’investissement et de limiter leur capacité à recruter.

Ménages : entre répit et prudence

Si le gouvernement veille à ne pas trop affecter le pouvoir d’achat des ménages, certaines mesures budgétaires auront tout de même un impact négatif

Laisser un commentaire

Share to...