Le bonheur, ce Graal insaisissable, se mesure-t-il vraiment ? Depuis 2011, Ipsos s’y attelle avec son Happiness Index, sondant les âmes de 30 pays. Cette année, le verdict est tombé : 71 % des sondés se disent heureux. Mais derrière cette moyenne, des contrastes saisissants se dessinent.
Inde, Pays-Bas, Mexique : le trio gagnant du bonheur
En tête du classement, l’Inde, les Pays-Bas et le Mexique. L’Inde, avec 88 % de satisfaction, brille par son optimisme collectif, ancré dans des valeurs familiales et communautaires. Les Pays-Bas, à 86 %, surfent sur une qualité de vie exceptionnelle et une cohésion sociale exemplaire. Le Mexique, malgré ses défis économiques et sécuritaires, affiche 82 % de satisfaction grâce à un fort ancrage social.
Europe en berne : le bonheur en déclin
À l’autre bout du spectre, la Hongrie, la Turquie et la Corée du Sud. La Hongrie et la Turquie, engluées dans des crises économiques et politiques, affichent des niveaux de satisfaction au plus bas. La Corée du Sud, malgré son essor économique, ploie sous une pression sociale écrasante. La Turquie, en particulier, a vu son bonheur chuter de 40 points depuis 2011.
La France : un bonheur en demi-teinte
La France, avec 73 % de personnes heureuses, dépasse légèrement la moyenne mondiale. Mais l’ombre d’une chute de 14 points depuis 2014 plane. Le pouvoir d’achat, l’avenir incertain et le refuge familial sont au cœur des préoccupations. 48 % des Français pointent leur situation financière comme source de stress, tandis que 29 % seulement croient en une amélioration future. Pourtant, la famille reste un pilier de bonheur pour 47 % d’entre eux.
Richesse et bonheur : un duo complexe
Argent et bonheur, un tandem compliqué. 75 % des hauts revenus se disent heureux, contre 62 % des faibles revenus. Les inégalités économiques pèsent lourd, mais le contexte culturel et les attentes individuelles modulent cette relation. En Thaïlande et en Suède, la finance prime, tandis qu’au Brésil, c’est le bien-être mental qui domine.
L’âge d’or du bonheur : les sexagénaires en tête
Le bonheur suit une courbe en U : jeunesse heureuse, morosité à mi-vie, puis renaissance après 60 ans. Les sexagénaires sont au sommet de la satisfaction, tandis que les quinquagénaires, accablés par le stress professionnel, sont les plus malheureux. Notons que les jeunes hommes de la Génération Z surpassent leurs homologues féminines en termes de bonheur, un écart qui s’estompe avec l’âge.
Un avenir incertain : le pessimisme européen
Si 53 % des sondés mondiaux croient en un avenir meilleur, l’Europe, et particulièrement la France, sombre dans le scepticisme. Seuls 29 % des Français envisagent une amélioration de leur bien-être futur. L’instabilité économique, les tensions sociales et les menaces de guerre, notamment en Ukraine, nourrissent cette perte de confiance.
L’étude Ipsos 2025 révèle un bonheur mondial sous tension. Si certains pays rayonnent, d’autres voient leur moral s’effriter. La France, bien que majoritairement satisfaite, se laisse gagner par le pessimisme économique. Le bonheur, finalement, ne serait-il pas une question de perspective autant que de réalité ? La réponse appartient à chacun.