Imaginez un pays qui serait la cinquième puissance économique mondiale. Ce pays existe, c’est l’économie de la mer. Avec une contribution de 2.600 milliards de dollars au produit brut mondial en 2020, elle pèse autant que des géants comme la France ou l’Allemagne. Et ce n’est pas tout : elle emploie. En 2006, elle offrait 151 millions d’emplois équivalents temps plein. La pandémie a certes réduit ce chiffre à 101 millions en 2020, mais la reprise est en marche. Selon l’OCDE, si la tendance se poursuit, l’économie de la mer pourrait quadrupler d’ici 2050.
La mer, bien plus qu’un simple décor
Oubliez les clichés de la mer comme simple carte postale. Le tourisme marin et l’extraction offshore de pétrole et de gaz sont les moteurs de cette économie, représentant deux tiers de sa valeur ajoutée. Mais l’innovation ne s’arrête pas là : l’éolien offshore, la biotechnologie marine, la construction navale et les câbles sous-marins, qui transportent 98% du trafic Internet mondial, sont en pleine expansion.
La croissance de l’économie de la mer a été dominée par l’Asie-Pacifique, avec la Chine en tête, suivie par le Japon, la Corée du Sud et les Philippines. Les pays riches voient leur part diminuer, passant de 71% en 1995 à 52% en 2019. Les pays émergents prennent le large.
En France, la situation est contrastée. Certaines régions métropolitaines voient leur activité maritime reculer, tandis que les DROM enregistrent une croissance post-Covid de 5,6%, grâce à l’activité portuaire.
L’avenir : entre promesses et défis
Tout n’est pas rose. La productivité stagne dans de nombreuses activités océaniques et la transition énergétique est incomplète. Si elle réussit, l’économie de la mer pourrait être 2,5 fois plus importante en 2050 qu’en 1995. Sinon, un déclin économique et écologique est possible. La fracture numérique est un autre obstacle, freinant la modernisation.
L’OCDE propose une feuille de route : renforcer la gouvernance maritime, accélérer l’innovation technologique, ouvrir l’accès aux données océaniques et intégrer les pays en développement dans les chaînes de valeur maritimes.
Une bataille économique sous les vagues
L’économie de la mer est un champ de bataille. Convoitée, sous-exploitée, parfois surexploitée, elle est aussi géostratégique. Les tensions en mer de Chine méridionale, les conflits sur les ressources halieutiques et les controverses sur les grands fonds marins en sont la preuve.
Mais elle est cruciale pour la transition écologique. Les océans, puits de carbone, générateurs d’énergie renouvelable et régulateurs climatiques, sont essentiels. Comme le souligne l’OCDE : « Un océan sain est crucial pour le climat, la biodiversité et l’économie ».
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