Des milliers de retraités laissent filer leurs droits sans même le savoir. En 2024, 437.000 d’entre eux, éligibles à une pension complémentaire de l’Ircantec, n’ont pas bougé le petit doigt pour réclamer ce qui leur revient. C’est un quart des bénéficiaires potentiels qui passent à côté de leur dû. Pourquoi ? Parce que les montants sont dérisoires : 230 euros bruts par an, soit à peine 19 euros par mois. Ajoutez à cela des démarches administratives qui donnent des sueurs froides, et vous obtenez un cocktail dissuasif. Pourtant, l’horizon s’éclaircit : la Caisse des Dépôts note une baisse du non-recours avec les nouvelles générations. En 2024, 46,8% des affiliés nés en 1940 n’avaient pas réclamé leur pension, contre 26,1% pour ceux nés en 1954.
Une campagne qui fait mouche
La Caisse des Dépôts ne reste pas les bras croisés. Elle a lancé une offensive nationale pour réveiller les consciences. Des courriers de rappel ont été envoyés en masse aux affiliés nés entre 1945 et 1948. Résultat ? Un quart d’entre eux ont enfin réclamé leur pension. Fort de ce succès, la campagne va s’étendre à d’autres générations pour toucher tous les retraités concernés.
La révolution de la demande unique en ligne
Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus vaste pour simplifier l’accès aux droits à la retraite. Depuis 2019, la demande unique de retraite en ligne permet de tout faire d’un coup : une seule démarche pour récupérer l’ensemble de ses droits, qu’ils soient de base ou complémentaires.
Des résultats qui parlent d’eux-mêmes
Les efforts commencent à payer. L’Union Retraite, qui chapeaute les différents régimes, estime que ces campagnes ont fait baisser le taux de non-recours de 2 à 5 points parmi les générations ciblées. En juillet 2024, sur les 4.900 demandes de liquidation de la génération 1947, 93% ont été traitées dans les quatre mois suivant l’envoi des courriers de rappel. Une victoire pour les retraités, et un pas de plus vers la justice sociale.