La Commission européenne s’apprête à dévoiler un livre blanc sur la Défense qui pourrait bien faire trembler les murs de Bruxelles. Ursula von der Leyen, à la tête de la Commission, prévoit d’injecter jusqu’à 800 milliards d’euros dans le secteur de la Défense sur quatre ans. Une somme colossale, mais les propositions qui l’accompagnent ne font pas l’unanimité.
Des milliards, mais pour quoi faire ?
Parmi les mesures phares, un mécanisme européen de ventes militaires et une task force commune avec l’Ukraine. Mais voilà, le financement reste flou. De nombreux États membres et parlementaires européens ne cachent pas leur scepticisme. Ils pointent du doigt le manque d’ambition et l’absence de nouveaux outils financiers, comme les euro-obligations dédiées à la Défense. La France, en particulier, milite pour une meilleure coordination financière européenne.
Le casse-tête des emprunts
Siegfried Muresan, co-rapporteur du Parlement européen, ne mâche pas ses mots. Il rappelle que le remboursement des emprunts post-Covid est toujours en suspens. Tant que cette question n’est pas résolue, envisager de nouveaux emprunts pour la Défense semble prématuré.
Un marché commun pour les armes : rêve ou réalité ?
La Commission propose de centraliser les achats de matériels militaires pour obtenir de meilleurs prix. Une idée qui ne fait pas l’unanimité. Paris, par exemple, estime que l’Agence européenne de Défense devrait s’en charger. Les débats s’annoncent houleux.
L’Ukraine, modèle pour l’Europe ?
Ursula von der Leyen voit en l’Ukraine un modèle pour relancer l’industrie de Défense européenne. Elle insiste sur l’urgence d’intégrer l’Ukraine dans le marché européen des équipements de Défense. Actuellement, une grande partie des investissements quitte l’Europe, freinant le développement industriel. La Commission envisage donc des commandes pluriannuelles pour booster la production européenne.
Des secteurs prioritaires sous les projecteurs
Le livre blanc met l’accent sur des secteurs clés : Défense aérienne, antimissile, munitions, drones, mobilité militaire. Mais comme le souligne Mette Frederiksen, Première ministre danoise, « financer n’est qu’un premier pas ; la vraie épreuve consistera à transformer ces investissements en actions concrètes ».